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Ville de Cernay
Ville de Cernay

La Cour de Ferrette

LA COUR DE FERRETTE

Qui se douterait que sur le parking actuel, inauguré en 2001, s’élevait encore en 1914 une altière demeure au riche passé ?
Remontons au XIIIe siècle lorsque par la volonté des comtes de Ferrette « Sennheim » devient ville fortifiée et appose sur son sceau les deux barbeaux comtaux.
Au siècle suivant, le seigneurie passe à la Maison d’Autriche pour plus de trois cent ans !
Le bailli chargé d’administrer la ville est recruté le plus souvent dans la famille des chevaliers de Ferrette portant « écu de sable au lion rampant d’argent », armoiries ornant encore aujourd’hui des dalles funéraires conservées dans l’église Saint-Etienne.
Les nobles de Ferrette possèdent des terres agricoles, en particulier des vignes, dont ils tirent leurs principaux revenus.
Ils résident à l’Oberdorf, non de la Porte Haute et au Pfisterhof autrement dit la Cour de Ferrette.
Ils ont pour voisins les abbés de Lucelle et l’évêque de Bâle, propriétaires eux aussi d’une cour franche.
En 2005 et 2007, des interventions archéologiques conduites par l’INRAP et le PAIR ont permis de localiser la maison nobiliaire, « das alte Hus », adossée à la première enceinte urbaine.
Vendu comme bien national en 1797, le Pfisterhof est acquis en 1811 pour une somme conséquente par le négociant Pierre Armand Baudry.
Cette illustre famille de manufacturiers du textile participe à l’essor économique de la ville durant le XIXe siècle.
Charles Baudry en est le premier magistrat en 1872 à 1883.
Sise entre les rues du Paradis, du Potier, de la Croix et de Thann, la propriété a belle allure avec son parc arboré, ses allées couvertes de graviers, son bassin alimenté par un jet d’eau, sa maison de maître flanquée d’une tour Renaissance et ses nombreuses dépendances, le tout clos par un haut mur maçonné.
Le 3 août 1914, le déclanchement de la Grande Guerre sonne le glas de la cité et du Pfisterhof occupés par les troupes allemandes.
Si l’armistice du 11 novembre 1918 ramène la paix dans une Alsace redevenue française, les Cernéens reviennent dans une ville totalement sinistrée.
Cette fois-ci, la propriété ruinée passe aux mains de la famille Walter qui y exploite une ferme jusqu’à l’aube du XXIe siècle.
Révolue l’époque où les Cernéens venaient y acheter directement des oeufs frais ou du lait crémeux versé dans l’inusable « Melchkannlà » en aluminium par Elise Walter, la sympathique fermière des lieux.
Automobiliste mon frère, souviens-toi lorsque tu stationnes en ce lieu qu’il y a 7 siècles paradaient ici les fiers palefrois des chevaliers de Ferrette !

Par Jean-Paul Bevilacqua, Président de la Société d’Histoire de Cernay